Mais, si le blog est une forme de dialogue intimiste (et paradoxalement public) entre l'auteur et ses lecteurs, je me pose tout de même la question du degrés d'intimité qu'on peut donner à cet exercice. Je parcours durant mes insomnies des pages de femmes, d'épouses et de mères, des pages d'une vie qu'on retrouve en images ou en vidéos, j'ai trouvé cela déconcertant se mettre ainsi à nue, et peut-être encore plus déroutant d'avoir la possibilité de rentrer dans l'intimité des personnes avec cette facilité presque brutale.
En tant que lecteur dans ces moments là je me suis demandé quel était la frontière avec le voyeur ? L'intention n'est pas vraiment la même mais on peut les confondre dans le principe.
On pourrait dire que le blog s'apparente au genre autobiographique ou l'intérêt du lecteur et le miens en particulier est situé au niveau de l'introspection et de la rétrospection de l'auteur, de l'auteur qui lui devient plutôt le sujet d'une « télé-réalité ».
J'ai soudainement pensé à la dignité de l'intimité quand celle-ci devient public, je suis bien d'accord pour dire que le rapprochement est assez exigu étant deux termes opposés -la dignité désignant l'extériorité de soi, et inversement l'intimité pour l'intériorité de soi- mais ou se situe la frontière lorsque l'intime devient public ? Peut-on parler encore d'intimité dans la mesure ou le lien qui unis auteur et lecteur est virtuel, -le virtuel nous permettant d'exprimer nos consciences refoulées- le blog serait l'interaction des intimités de chacun et dans ce sens si tout le monde est dans l'intimité alors personne ne l'est ?
Chose certaine l'intimité est devenu un luxe alors qu'on règne dans le monde de l'individualisme, contradiction assez amusante. Quoi que... L'individuum est tellement sacralisé qu'il se retrouve encadré, enrôlés et exposé aux milliers de satellites sondant la terre dans un réseau d'espionnage généralisé :
« Souriez, vous êtes filmés !»






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